Le rêve de tout quitter
Qui n’y a jamais pensé ? Fuir la ville, les réunions, les notifications. S’installer dans une maison en pierre au fond des bois, cultiver un jardin, vivre à son rythme. Ce rêve est vieux comme la littérature.
Mais la forêt n’est pas un décor neutre. Elle a ses bruits la nuit, ses zones où la lumière ne descend pas. Et quand il n’y a plus personne entre vous et le silence, c’est souvent vous-même que vous y rencontrez.
Ce que les romans ont fait de ce rêve
- Walden ou la Vie dans les bois d’Henry David Thoreau (1854) : le récit fondateur d’une vie simple au bord d’un étang.
- Into the Wild de Jon Krakauer (1996) : le rêve de liberté absolue d’un jeune homme, jusqu’à l’extrême.
- Dans la forêt de Jean Hegland (1996) : deux sœurs seules dans une maison isolée, quand le monde s’effondre.
- Shining de Stephen King (1977) : l’isolement comme moteur de la peur.
Entre l’éloge de la nature et le cauchemar, il y a un espace étroit. C’est là que j’ai voulu écrire.
Le Levain : la forêt n’invente rien, elle révèle
Dans Le Levain, Élise est graphiste à La Défense. Un matin, devant son écran, son corps lâche. Elle décide de tout quitter pour une maison isolée au fond des bois.
La première semaine, c’est beau. La deuxième, elle entend des sons qu’elle n’avait pas remarqués. La troisième, elle se demande si elle a fait une erreur. Mais il n’y a plus de réseau.
Le Levain n’est pas un roman sur la nature. C’est un roman sur ce qu’on emporte avec soi quand on croit fuir. Les forêts n’inventent rien : elles révèlent.
Avoir peur sans violence
Ce n’est pas un roman d’horreur. Pas de gore, pas de scènes sanglantes : l’angoisse vient de l’isolement, de l’atmosphère, de la frontière floue entre paranoïa et danger réel. Si vous aimez Stephen King dans sa veine rurale et oppressante, vous devriez vous y retrouver.
Le roman fait 248 pages. Le premier chapitre se lit gratuitement sur ce site.