Quand les gens découvrent que j’écris à la fois de la SF, du thriller, de la fantasy et de la jeunesse, il y a souvent un silence. Puis une question, formulée avec une politesse prudente : « Mais… c’est pas un peu beaucoup ? »
Peut-être. Probablement. Je m’en fous un peu.
L’imagination, chez moi, n’a jamais demandé la permission. Depuis que je suis en âge de tenir un stylo, il y a des histoires — pas une, pas deux, des dizaines qui s’accumulent, se transforment, attendent dans des carnets retrouvés par hasard au fond d’un tiroir. Un seul genre aurait été comme décider de ne cuisiner qu’un seul plat pour le reste de sa vie. Techniquement possible. Mais pourquoi ?
Ce n’est pas du tout-à-l’autre que je pratique par caprice. Chaque genre répond à quelque chose de différent en moi — une question, une émotion, un besoin précis au moment où l’histoire s’impose.
C’est le genre du vertige. Celui qui me permet de poser les grandes questions — d’où venons-nous, où allons-nous, qu’est-ce que l’humanité est capable de faire ou de devenir — sans que personne ne me demande de citer mes sources. La SF, c’est la philosophie avec de l’adrénaline.
Le thriller, c’est la tension pure. L’art de tenir le lecteur en haleine, de lui faire tourner les pages à une heure du matin en se disant « juste encore un chapitre ». C’est un défi d’horloger — chaque rouage doit être à sa place, chaque détail compte.
La fantasy, c’est la liberté absolue. Créer un monde depuis zéro, inventer ses règles, ses créatures, sa géographie, sa magie. C’est l’espace où l’imagination n’a aucune limite à négocier avec le réel.
Et puis il y a la jeunesse — Dotty, Choubidoubidouville, les énigmes du soir entre parents et enfants. C’est le genre qui m’a lancé, en 2023, le premier. Écrire pour les 8–12 ans, c’est une discipline à part entière : faire confiance à l’intelligence du lecteur, laisser de l’espace, construire quelque chose qu’on résout ensemble.
Ce que peu de gens savent, c’est que j’écris depuis longtemps. Bien avant 2023. Des histoires dans tous les sens, des débuts de romans, des univers entiers posés sur le papier sans destination précise.
Pourquoi ne pas avoir publié plus tôt ? Ce n’était pas la peur de publier — c’était la peur de l’édition traditionnelle. Soumettre un manuscrit, attendre des mois, essuyer des refus, se soumettre au regard et au jugement d’un comité éditorial. La flemme aussi, soyons honnêtes. Et le doute, bien sûr — est-ce que ce que j’écris mérite vraiment d’exister sur une étagère ?
« L’édition traditionnelle, c’est remettre son destin entre les mains de quelqu’un d’autre. Ce n’est pas fait pour tout le monde — et j’ai mis du temps à l’assumer. »
Amazon KDP a changé la donne. Pas parce que c’est plus facile — l’auto-édition demande autant de travail, sinon plus. Mais parce que la décision m’appartient entièrement. La couverture, le prix, le calendrier de sortie, le rythme. Personne ne m’attend, personne ne valide, personne ne refuse. C’est moi qui décide si une histoire est prête à exister.
En 2023, j’ai décidé que oui. Depuis, huit livres publiés — dans quatre genres différents, parce que c’est comme ça que fonctionne mon imagination, et que je n’ai aucune raison de lui mettre des œillères.
Il y a encore des tiroirs. Des histoires qui attendent leur moment. D’autres genres peut-être — ou les mêmes, déclinés d’une façon que je n’ai pas encore trouvée.
Ce qui est certain, c’est que je n’écrirai pas dans un seul genre pour faire plaisir à un algorithme ou à une tendance de marché. Les histoires choisissent leur forme. Mon rôle, c’est de les écouter — et d’arrêter, enfin, de les garder dans un tiroir.
Curieux de voir ce que donnent ces quatre univers en pratique ?
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