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L’Origine Guidée — la genèse d’un roman

Mars 2026 — par Mathieux Joubert · 7 min de lecture

Ce roman a d’abord porté un autre nom. Un nom long, généreux, qui voulait tout dire d’un coup : L’Odyssée Temporelle à la Découverte du Crétacé. Il disait le voyage dans le temps, il disait les dinosaures, il disait l’aventure. Il ne disait pas la question — la vraie, celle qui m’a hanté pendant toute l’écriture et qui n’a pas quitté le livre une fois terminé.

C’est souvent comme ça. On commence par décrire ce qu’on va raconter. On finit par comprendre ce qu’on cherche vraiment. Et là, deux mots suffisent.

Ce qui a déclenché tout ça

La fascination pour les théories sur nos origines — guidées, orientées, intentionnelles — ne date pas d’hier chez moi. Non pas parce que j’y crois ou n’y crois pas, mais parce qu’elles révèlent quelque chose d’universel : notre besoin que tout ça ait un sens. Un auteur quelque part. Une intention.

L’idée du voyage au Crétacé m’est venue d’une image très simple — se retrouver face à un dinosaure en chair et en os, sentir le sol vibrer sous des pattes que l’évolution n’a pas encore effacées. Qu’est-ce que ça changerait dans notre façon de nous voir ? Qu’est-ce qu’on chercherait à prouver — ou à démentir ?

« Les meilleures histoires naissent d’un vrai vertige intérieur. Pas d’un plan de marketing. »

Un premier livre foisonnant — trop, peut-être

L’Odyssée Temporelle à la Découverte du Crétacé était un monument. Des entretiens avec les héros et les personnages — ingénieurs, scientifiques, témoins — intégrés directement dans le récit. Des détails techniques minutieux. Des digressions philosophiques. Tout ce que j’avais accumulé pendant la recherche et l’écriture, je l’avais mis dedans. C’était généreux. C’était peut-être trop généreux.

Ces interviews de personnages, je les aimais beaucoup — cette idée de laisser les héros s’exprimer directement, de leur donner une voix propre en dehors de l’action. Mais dans la condensation qui a donné naissance à L’Origine Guidée, beaucoup de cette matière a disparu. Pas parce qu’elle était mauvaise. Parce que le roman final avait besoin de respirer autrement — plus tendu, plus direct, plus centré sur la question essentielle.

C’est le travail le plus douloureux en écriture : couper ce qu’on aime. Savoir qu’un passage sur lequel on a passé des heures ne servira pas le lecteur — qu’il le ralentira, même — et l’enlever quand même. La règle que je me suis fixée est simple : si ça ne fait pas avancer l’histoire ou approfondir un personnage, ça sort. Même si c’est brillant. Surtout si c’est brillant.

Ce que la condensation a révélé

En retirant, en taillant, en restructurant, quelque chose d’inattendu s’est produit : la question centrale du livre est devenue beaucoup plus visible. Elle était là depuis le début, enfouie sous la documentation, les entretiens, les détails techniques. En dégageant tout ça, elle est remontée à la surface — nette, tranchante, sans réponse.

Et c’est là que le titre a changé. L’Odyssée Temporelle à la Découverte du Crétacé décrivait le voyage. L’Origine Guidée pose une question. Les meilleures questions, en littérature, sont celles qui restent ouvertes longtemps après qu’on a refermé le livre.

La question qui demeure

Il y a une question au cœur de ce roman que je n’ai pas voulu trancher. Je ne suis pas sûr qu’elle ait une réponse — et honnêtement, je ne suis pas sûr d’avoir envie qu’elle en ait une.

« Sommes-nous le message ? »

La question posée par L’Origine Guidée — sans réponse définitive, exprès.

Une question plus large, plus vertigineuse que la simple science. Si chaque être humain est porteur d’un code d’une complexité insensée, si l’information est le substrat de toute vie — alors qui, ou quoi, a voulu qu’il en soit ainsi ? Ou est-ce que la question elle-même est la mauvaise question ?

Je n’ai pas de réponse. Le roman non plus. Mais il vous emmène au Crétacé pour vous aider à la poser autrement.

Prêt à plonger dans le vertige de L’Origine Guidée ?

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